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Original : Triggering of acute myocardial infarction by heavy physical exertion. Protection against triggering by regular exertion. Determinants of Myocardial Infarction Onset Study Investigators.
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Résumé (abstract PubMed)
Bien que des témoignages anecdotiques suggèrent qu'un effort physique intense peut déclencher l'apparition d'un infarctus aigu du myocarde, aucune étude contrôlée n'avait jusqu'alors évalué le risque d'infarctus du myocarde pendant et après un effort intense, la durée écoulée entre l'effort intense et l'apparition des symptômes (temps d'induction), ni la possibilité de modifier ce risque par une activité physique régulière. Afin de répondre à ces questions, nous avons recueilli des données auprès de patients présentant un infarctus du myocarde confirmé, portant sur leurs activités dans l'heure précédant l'apparition de l'infarctus du myocarde ainsi que durant des périodes de contrôle.
Des entretiens menés auprès de 1 228 patients, en moyenne quatre jours après l'infarctus du myocarde, ont fourni des données sur leur fréquence habituelle annuelle d'activité physique ainsi que sur l'heure, le type et l'intensité de l'effort physique dans les 26 heures précédant l'apparition de l'infarctus du myocarde. Nous avons comparé la fréquence observée d'efforts intenses (6 équivalents métaboliques ou plus) aux valeurs attendues à l'aide de deux types d'analyses auto-appariées reposant sur un nouveau schéma d'étude cas-croisé. La faible fréquence des efforts intenses durant les périodes de contrôle a été validée par les données d'un groupe témoin issu de la population générale, composé de 218 sujets.
Parmi les patients, 4,4 % ont déclaré avoir fourni un effort intense dans l'heure précédant l'apparition de l'infarctus du myocarde. Le risque relatif estimé d'infarctus du myocarde dans l'heure suivant un effort physique intense, comparé à un effort physique moins soutenu ou à l'absence d'effort, était de 5,9 (intervalle de confiance à 95 %, 4,6 à 7,7). Parmi les personnes pratiquant habituellement l'exercice moins d'une fois, une à deux fois, trois à quatre fois, ou cinq fois ou plus par semaine, les risques relatifs respectifs étaient de 107 (intervalle de confiance à 95 %, 67 à 171), 19,4 (9,9 à 38,1), 8,6 (3,6 à 20,5) et 2,4 (1,5 à 3,7). Ainsi, des niveaux croissants d'activité physique habituelle étaient associés à des risques relatifs progressivement plus faibles. Le temps d'induction entre l'effort intense et l'apparition de l'infarctus du myocarde était inférieur à une heure, et les symptômes débutaient généralement durant l'activité elle-même.
Un effort physique intense peut déclencher l'apparition d'un infarctus aigu du myocarde, en particulier chez les personnes habituellement sédentaires. Une meilleure compréhension des mécanismes par lesquels un effort physique intense déclenche l'apparition d'un infarctus du myocarde, ainsi que de la manière dont un effort régulier protège contre celui-ci, faciliterait la conception de nouvelles approches préventives.
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